Flammes purificatrices

Au printemps 2002, la tension est palpable dans la vallée de l’Intyamon. Alors qu’habituellement, rien ne trouble le calme de cette verte Gruyère, ses habitants connaissent une véritable psychose. Les rumeurs circulent, les discussions s’enveniment. On soupçonne son voisin, les appels anonymes affluent au poste de police de Bulle, dénonçant …

Si près de chez nous, tellement tabou

Mon 3ème ouvrage paru en 2018

Cet ouvrage réunit les témoignages de neufs Romandes et un Romand, victimes d’abus sexuels durant l’enfance. Au fil des chapitres, l’on découvre que le pire n’a pas lieu que dans les grandes cités. Même si nous n’en avons pas conscience, l’intolérable se déroule parfois sous nos yeux. D’ailleurs, à fin septembre 2017, lorsque j’ai lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, il ne fallut que 20 minutes pour que 4 personnes de ma région me proposent leur témoignage. Reflet d’un besoin local bien réel. Et cet engouement précédait pourtant la vague de dénonciations mondiale initiée par le scandale Weinstein.

Le titre évocateur de mon premier ouvrage (Au nom du corps, du coeur et de l’esprit) traduit à lui seul ma perception de l’humain dont la globalité est formée de trois parties interdépendantes : le corps, l’âme et l’esprit. Les témoignages des personnes qui m’ont offert leur confiance pour « Si près de chez nous…tellement tabou » prouvent que traumatismes et chocs émotionnels peuvent engendrer de graves problèmes tant psychiques que physiques à court et à long terme. Le Dr Hammond, spécialiste de la somatisation, déclare que « le corps possède une mémoire infaillible. Stress et troubles conditionnent notre être jusqu’à se traduire par des modifications anatomiques et physiologiques. » Infertilité, troubles du comportement alimentaire, fibromyalgie ou fragile estime de soi ressortent chez toutes les victimes réunies au sein de cet ouvrage. Les violences sexuelles sont en effet de celles qui impactent le plus la santé mentale et physique, ébranlant les fondements même de la personnalité.

En Suisse, il semblerait que seul 10% déposent plainte. Une majorité ne révèle même pas les faits à ses proches. Des dizaines d’années s’écoulent parfois avant que l’enfant abusé, devenu adulte, ne se livre. Cette loi du silence contribue exponentiellement aux effets dévastateurs de cette profanation de soi. Crever l’abcès permet à la vie de réintégrer corps et âme sclérosés par le secret. Car selon le précepte de Goete, « L’important ce n’est pas de tomber, c’est de ne pas rester à terre. » Longue est parfois la convalescence. Cependant comme toute autre guérison, elle mène à de profondes introspections ouvrant vers d’autres perspectives. Dans tout événement tragique, l’on peut trouver une possibilité de grandir. La plupart des témoignants ont su transcender leurs souffrances.

www.sipresdecheznous.ch

Back to Top